Le monde est confronté depuis le mois de mars (et bien avant en Chine) à un défi sanitaire de grande ampleur, jamais vu depuis plus de 100 ans. Cette pandémie appelée CoronaVirus ou CoVid 19 à forte contagiosité compromet, en raison de sa rapide diffusion, la vie économique et sociale de la planète.


L’Afrique, continent à propos duquel les Cassandre ont de manière précoce prédit le pire, en particulier celui d’une explosion sanitaire finalement jamais arrivée, doit faire face à une chute des exportations et à un ralentissement des importations qui fait craindre une paupérisation d’une population déjà fragilisée par une insécurité alimentaire chronique (qui toucherait au Sahel plus de 11 millions de personnes), par des conflits et des maladies orphelines. Ces pays, malgré les préjugés, ont actionné très tôt les leviers d’une stabilisation avec des mesures contraignantes qui ont porté des résultats… Pour le moment…

 

I. Une population jeune face à de multiples défis :

Le Niger, vaste pays enclavé d’une superficie de 1 267 000 km2 est circonscrit dans l’ensemble géographique sahélo-saharien à cheval entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne.

Le Niger compte à ce jour une population de 23 millions d’habitants, population essentiellement rurale (à plus de 80 %). Mais elle est surtout caractérisée par son extrême jeunesse due à sa croissance démographique, la plus forte au monde : selon la concordance des statistiques compilées, le Niger détient le « record mondial » avec environ 50 % de la population à moins de 15 ans (et 20 % a moins de 5 ans) ; la jeunesse de cette population se justifie par un accroissement démographique de 3,8 % sous-tendu par un indice synthétique de fécondité de 6,8 enfants par femme en 2019 []. Les prévisions tablent sur une envolée des chiffres de la population passant de 23 millions à 30 millions dans 10 ans, pour atteindre 70 millions en 2050.

Pauvreté et insécurité alimentaire

Le Niger subit depuis de longues années une irrégularité pluviométrique qui induit une disponibilité insuffisante en produits agricoles de base : la faiblesse des pluies dans le temps et dans l’espace, alliée à la dégradation de l’environnement due à l’avancée du Sahara influent sur le sort de presque 80% de la population (sur seulement 11% des terres arables) de ce secteur primaire, représentant malgré tout plus de 40% du PIB. D’ailleurs toute l’histoire du Sahel, depuis le XVIIème siècle (voire au-delà) n’est qu’une succession de sècheresses et de famines occasionnant des pertes en vies humaines et animales ainsi qu’un déplacement massif des populations vers les zones les plus clémentes : l’une des famines les plus emblématiques survenue au début des années 70 a donné lieu à un élan de solidarité internationale avec une certaine médiatisation de la situation qui dans l’inconscient collectif renvoie le Sahel à la famine et à la sècheresse.


De ce fait, la pression démographique particulièrement élevée engendrant une pression foncière et l’amenuisement des ressources naturelles est un point d’achoppement quant à l’objectif affiché de l’autosuffisance alimentaire. Au cours de l’an 2020, plus de 2 millions de personnes pourraient être affectées par une insécurité alimentaire sévère, selon le premier ministre nigérien, aux termes d’une campagne d’évaluation de la sécurité alimentaire dans la partie septentrionale : 6 des 8 régions du Niger sont marquées par la mauvaise production agricole, des inondations et une production fourragère insuffisante dans les zones pastorales.


Avec 41% de la population vivant au-dessus du seuil de pauvreté, le Niger est l’un des pays qui se débat dans les tréfonds du classement IDH des pays les plus pauvr