I. HAÏTI EN QUELQUES CHIFFRES

Nom officiel : Haïti, indépendante 1er Janvier 1804 suite à la victoire militaire des anciens esclaves face à l’armée de Napoléon le 18 Novembre 1803 (Bataille de Vertières). Située dans la Caraïbe, Haïti fait partie de Grandes Antilles occupant le tiers occidental de l’île, les deux tiers orientaux étant occupés par la République Dominicaine, indépendante d’Haïti en 1844. 

Population : 10 981 000 habitants (Banque mondiale, 2017)
Densité : 398 habitants/ km² (Banque mondiale, 2017)
Croissance démographique : 1,22 % (Banque mondiale, 2017)
Espérance de vie : 63,3 ans (Banque mondiale, 2016)
Taux d’alphabétisation : 48,68 % (PNUD, 2005-2013)
Religion (s) : vaudou et 55 % catholiques, plus de 40 % protestants
Indice de développement humain : 0,498 – 168e (sur 189 pays, source PNUD rapport 2018)

Superficie : 27 560 km² (Banque mondiale)
Capitale : Port-au-Prince
Langue (s) officielle (s) : le créole et le français
Monnaie : la gourde haïtienne (HTG)

 

LE CORONA VIRUS ET LES MENACES DE FAMINE EN HAÏTI

Les défis structurels d’Haïti sont connus et soulignés par plusieurs publications. On y lit : « Haïti est le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental, avec un produit intérieur brut (PIB) par habitant de 756 $ en 2019 et un indice de développement humain le classant 169 sur 189 pays en 2019. Selon l’indice de capital humain, un enfant né aujourd’hui en Haïti a un potentiel à l’âge adulte évalué à 45% de ce qu’il aurait pu avoir s’il avait bénéficié d’une éducation et d’une santé complètes. La dernière enquête sur la pauvreté (2012) informe que plus de 6 millions d’Haïtiens vivent en-dessous du seuil de pauvreté avec moins de 2.41 $ par jour, et plus de 2.5 millions sont tombés en-dessous du seuil de pauvreté extrême, ayant moins de 1.23 $ par jour. » (Banque Mondiale, 11 Mai 2020, banquemondiale.org)

Il faudrait ajouter à ce triste tableau la dégradation de l’investissement expliquée par le niveau élevé des risques. Une violence endémique des groupes armés, notamment autour de la capitale est entretenue par des factions politiques qui terrorisent les populations. Le niveau d’insatisfaction des populations déçues des promesses des dirigeants a entrainé un mouvement de contestation amorcé en 2019 appelé « peyilok » (lock out) caractérisé par la fermeture de nombreuses entreprises, la paralysie des activités commerciales et de l’économie informelle. En conséquence, le PIB s’est contracté de 0,9% en 2019 ; le pays fait aussi face à une dépréciation monétaire rapide (près de 25 % par an), des taux d’inflation élevés (près de 20%). L’administration discréditée montre son incapacité à collecter les recettes. Malgré cette difficulté, le gouvernement subventionne les produits énergétiques estimés à 6.5% du PIB en 2019, un lourd fardeau budgétaire.

Haïti sort à peine des effets désastreux du cyclone Matthew estimés à 32% du PIB de 2016, notamment dans la Grande Anse. Sur quel levier l’économie haïtienne aurait-elle pu s’appuyer pour répondre à ces défis ? Le tourisme ? Mais les visiteurs sont de moins en moins intéressés en raison de l’image négative d’Haïti à l’extérieur. Le cholera y a contribué pour partie. La dépendance d’Haïti vis-à-vis de l’ONU, renforcée par l’état de la corruption ne tend pas à diffuser les élans locaux porteurs d’espérances. Et l’agriculture ? Elle est mise à genoux par les effets de la politique de libéralisation économique engagée depuis les années 80. Le non-soutien aux agriculteurs dépourvus de moyens financiers, technologiques, matériels, considérés comme étant les producteurs pauvres, se traduit par la dépendance d’Haïti envers l’importation de produits soit de la République Dominicaine, soit des Etats-Unis d’Amérique. 852 millions de dollars d’exportation pour la République Dominicaine contre 36 millions pour Haïti. (www.loophaiti.com) L’agriculture s’accompagne également de la migration massive vers la R