1. Etat des lieux : une situation sanitaire maitrisée

La Tunisie est un pays de 11,5 millions d’habitants sur une superficie de 162 155 km2. Le pays a été relativement préservé par le Covid19, mais la crise sanitaire a impacté néanmoins d’autres secteurs du pays.

Officiellement, la pandémie de Covid-19 a commencé à se développer en Tunisie le 2 mars 2020.  Rapidement, des mesures exceptionnelles ont été prises d’une manière progressive. En effet, le 9 mars, le conseil de sécurité national présidé par le président de la République Kaïs Saïed, a annoncé des mesures strictes telles que la limitation des transports avec l’Italie et la suspension des cours dans tous les établissements scolaires et universitaires. Le 13 mars, le chef du gouvernement annonce le passage au niveau 2 avec la suspension des prières collectives et l’annulation des congrès et des manifestations culturelles ainsi que la fermeture des cafés, restaurants à partir de 16 heures. Les frontières maritimes sont fermées et les liaisons aériennes interrompues avec l’Italie et limitées avec la France, l’Égypte, l’Espagne, le Royaume-Uni et l’Allemagne.  Le gouvernement a décidé en plus l’isolement en quarantaine pendant 14 jours de toute personne entrant sur le territoire national.

Ensuite presque chaque jour des nouvelles mesures ont été prises comme la fermeture des frontières terrestres et aériennes, l’interdiction des rassemblements, la fermeture des souks et des hammams et la mise en place d’horaires restreints de travail pour certains salariés (travail administratif, entreprises privées, etc.) dès le 18 mars.

Le couvre-feu a été décrété à partir du 18 mars, de 18 heures à 6 heures, sur tout le territoire national et le 20 mars, le président de la République annonce dans une allocution télévisée un confinement total ainsi que l’interdiction de tous déplacements entre les agglomérations.

L’État débloque dans la foulée trois milliards de dinars (environ un milliard d’euros) afin de financer un plan d’aide pour soutenir les entreprises et les plus pauvres. Cependant, ces mesures apparaissent insuffisantes, notamment pour les plus pauvres et les travailleurs du secteur informel qui ne peuvent cesser le travail du jour au lendemain. Dans certaines villes, des habitants manifestent contre les autorités, malgré l’instauration du confinement, pour dénoncer le manque de nourriture.

À partir du 4 mai débute la première des trois phases de déconfinement progressif décrété par le gouvernement, qui planifie de redémarrer l’économie progressivement entre le 4 mai et le 14 juin, et ce en fonction de l’évolution de la pandémie dans le pays. Au 26 juin, on compte 1 164 cas de contaminations confirmés pour un total de 50 décès selon les sources du ministère de la Santé tunisien.

Plusieurs opérations ont eu lieu telles que l’installation d’un hôpital militaire dans le sud, la mise en place de tests rapides dans plusieurs gouvernorats, la mise en place d’autorisations de déplacement, l’utilisation de drones par le ministère de l’intérieur pour le contrôle des déplacements.

Ensuite une deuxième phase de déconfinement a commencé en juin avec par exemple l’ouverture des cafés dès le 4 juin en respectant les gestes barrières et les salles de fête dès le 14 juin, tout en respectant le protocole sanitaire établi par le ministère de la Santé. Le 8 juin, le président Saïed annonce la levée du couvre-feu.

Du 29 mars au 29 mai, l’état tunisien confirme le rapatriement de 25 000 ressortissants tunisiens environ dont 2/3 par voie aérienne et 1/3 par voie terrestre Plusieurs pays ont proposé des aides à la Tunisie comme le Qatar avec un hôpital itinérant, l’Allemagne et la France avec des dons d’équipements médicaux ou la Chine avec la venue de médecins chinois venus épauler leurs homologues tunisiens.

La crise sanitaire a été relativement maitrisée avec seulement 50 décès au total mais les autres aspects (économiques, sociaux, relations avec la diaspora…) n’ont pas fait l’unanimité.