Une mission conjointe du FORIM, de son membre l’UNACOF et d’Initiative Développement s’est tenue du 25 octobre au 1er novembre 2025 aux Comores. Au cœur des échanges qui ont eu lieu se trouvaient la restitution de l’étude « Regards Croisés » du projet Wamanga Wa Komor ainsi que le suivi de projets co-financé par le PRA/OSIM. L’objectif était de renforcer l’action et la reconnaissance des diasporas comme actrices clés du développement de l’archipel.
La mission a débuté par des rencontres institutionnelles avec l’Union européenne et l’Ambassade de France à Moroni ont permis de réaffirmer l’alignement du projet Wamanga Wa Komor (WWK) avec les priorités de développement du pays et de souligner le rôle central de la diaspora comorienne.

Des échanges se sont poursuivis avec les autorités comoriennes, notamment le Ministère des Affaires étrangères, le Commissariat à la Diaspora et le Gouverneur de Ngazidja. Ces derniers ont permis la désignation d’un point focal pour une meilleure articulation des projets de diaspora. Par ailleurs, la rencontre avec l’Association des Maires de Ngazidja, réunissant 22 édiles, a acté l’engagement des collectivités locales à soutenir concrètement les initiatives.
La délégation s’est également rendue sur le terrain pour constater les réalisations de projets cofinancés par le dispositif PRA/OSIM, portant spécifiquement sur l’éducation.
À Ntsoudjini, la rénovation du collège public d’Itsandra Isahari par l'OSIM ANF et l'Organisation de la Société Civile Locale (OSCL) MMADJAMU NGOME a eu un effet immédiat et remarquable : une baisse de 70% de l’absentéisme global et de 90% de l’absentéisme des filles. Des latrines neuves et un environnement sécurisé ont radicalement changé le quotidien des 623 élèves.
À Itsandzeni, la construction et la rénovation d’une école, alimentée à l’énergie solaire, sont bien avancées. Son modèle de gestion partagée (50% communauté / 50% parents) garantit la pérennité de l’infrastructure, qui bénéficiera aussi aux enfants des communes avoisinantes.
L’événement phare de la mission a été la restitution publique de l’étude « Regards Croisés ». Présentée devant un parterre d’acteurs institutionnels et associatifs, cette étude révèle une forte complémentarité entre les OSIM (Organisations de Solidarité Internationale issues des Migrations) et les OSCL (Organisations de la Société Civile Locale), mais aussi un potentiel de collaboration encore sous-exploité : seuls 42% des OSIM et 33% des OSCL ont déjà travaillé ensemble.
Fondée sur l’analyse de 120 organisations et le recensement de 833 structures locales, cette étude fournit désormais une base stratégique solide pour guider les futures actions de renforcement de capacités et les appels à projets.

Cette mission a posé des jalons stratégiques essentiels pour la poursuite du projet Wamanga Wa Komor. Les prochaines étapes visent à consolider les acquis et à démultiplier l'impact. D’une part, le renforcement des capacités de 50 OSIM et OSCL permettra d'accroître leur professionnalisation et leur efficacité opérationnelle, tandis que la sélection de 4 Opérateurs d'Appui (OPAP) garantira un accompagnement technique de qualité pour les porteurs de projets.
Cette approche systémique et inclusive ouvre la voie à une transformation durable des territoires comoriens.

Au-delà des résultats tangibles déjà observés sur le terrain, cette mission confirme le rôle central de la diaspora comorienne comme levier stratégique du développement. La qualité du dialogue institutionnel établi et la mobilisation des acteurs locaux démontrent qu'un partenariat structuré et équilibré entre diasporas, autorités et organisations locales est non seulement possible, mais déjà en marche. Le FORIM et ses partenaires poursuivront cet engagement aux côtés des communautés comoriennes pour amplifier cette dynamique porteuse d'avenir.




Du 17 au 26 octobre, une délégation du FORIM, et de la Fédération des Associations Capverdiennes de France (FACF), s’est rendue sur l’Île de Santiago dans le cadre du programme Connect’Diasporas financé par l’Union européenne, à travers le MMD III Grant Facility, mis en œuvre par l'ICMPD. Cette première mission a posé les bases d’un dialogue structuré entre la diaspora capverdienne organisée en France et les institutions du Cap-Vert.

Conduite par le FORIM en partenariat avec la Fédération des Associations Capverdiennes de France (FACF), cette mission s’inscrivait dans le cadre du programme Connect’Diasporas – Partenariats avec les autorités locales, soutenu par l’Union européenne à travers le Mécanisme de Subvention MMD III, mis en œuvre par le Centre International pour le Développement des Politiques Migratoires (ICMPD).
L’objectif du programme est de renforcer la coopération entre les diasporas africaines et les autorités locales et nationales de leurs pays d’origine, en valorisant leur expertise et leur engagement au service du développement.
Connect’Diasporas repose sur une approche double : accompagner la structuration des fédérations diasporiques ici, en Europe (France et Espagne), et favoriser leur reconnaissance institutionnelle là-bas, dans les pays d’origine (Angola, Cap-Vert, Comores, Madagascar, République du Congo et Sénégal).
Coorganisée avec le Ministère des Communautés, en marge du Congrès international des cadres capverdiens (CIQC), la mission visait à renforcer le dialogue entre les autorités capverdiennes et la diaspora autour d’enjeux de développement local, économique et social. La délégation du FORIM et de la FACF a rencontré de nombreux acteurs : les présidents des municipalités de Santa Cruz et de Santa Catarina, les représentants de la Délégation de l’Union européenne, de l’Ambassade de France, de l’OIM, de LuxDev, de l’Office International de l’Eau, de la compagnie Cabo Verde Airlines, ainsi que la délégation française du CIQC.
Ces échanges ont contribué à visibiliser le rôle des associations capverdiennes en France, à favoriser l’interconnaissance entre institutions et diaspora, et à faire émerger des pistes de collaboration durables.
Moment fort de la mission, un atelier multi-acteurs d’une journée a réuni une quarantaine de participants issus de l’administration, des collectivités, du secteur économique et du tissu associatif. L’objectif : dresser un état des lieux des relations entre la diaspora et les autorités, puis co-construire une vision commune à l’horizon 2030 sur plusieurs thématiques prioritaires - santé, éducation, eau et environnement, développement économique, jeunesse et culture.
Cet atelier, premier du genre au Cap-Vert, a marqué un tournant dans la reconnaissance du rôle des diasporas. Il a d’ailleurs fait l’objet d’une couverture médiatique nationale, notamment à la télévision capverdienne sous le titre : « Diáspora cabo-verdiana e instituições públicas definem estratégias para reforçar laços mútuos ».
La délégation a également été reçue par Son Excellence Monsieur José Maria Neves, Président de la République du Cap-Vert, pour une audience officielle symbolisant la volonté partagée de consolider les liens entre le pays et sa diaspora. Les discussions menées avec le ministère des Communautés ont permis d’esquisser les bases d’une future convention de partenariat pour accompagner la mise en œuvre de la stratégie nationale en faveur de la diaspora. Une lettre d’intention devrait prochainement formaliser cet engagement.

En parallèle, la mission a permis de visiter plusieurs projets soutenus par le dispositif historique du FORIM, le PRA/OSIM, mis en œuvre avec le soutien de l’Agence Française de Développement (AFD) et du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. À Fonta Lima et Santa Catarina, des initiatives de réhabilitation artisanale et agricole soutiennent l’autonomie économique des communautés locales. À Basso Baca, un système d’adduction d’eau solaire améliore durablement l’accès à l’eau. À Santa Cruz, les coopératives agricoles et groupements de femmes bénéficient de l’appui constant des associations issues de la diaspora.
Ces initiatives illustrent l’impact concret et durable de l’engagement diasporique dans le développement local au Cap-Vert.
Cette première mission Connect’Diasporas au Cap-Vert marque une étape clé dans la consolidation du dialogue entre la diaspora et les institutions capverdiennes.
Elle ouvre la voie à une deuxième mission, prévue début 2026, qui visera à transformer ces premiers échanges en plans d’action et partenariats opérationnels.
Le FORIM remercie l’ensemble des partenaires capverdiens pour leur accueil, leur disponibilité et leur engagement commun en faveur d’une coopération durable entre diaspora et autorités locales.
Crédits photos : FORIM – octobre 2025
Projet financé par l’Union européenne à travers le MMD III Grant Facility, mis en œuvre par l’ICMPD.
🇬🇭 Mission Roots to Ghana – Accra, 22 juillet 2025
La délégation du FORIM a poursuivi sa mission au Ghana avec une série de rencontres institutionnelles clés. Le Bureau des Diasporas du ministère des Affaires étrangères a réaffirmé que le lien avec la diaspora est une priorité stratégique, conçu comme un échange mutuel de savoirs. Un fonds dédié existe déjà, et des interlocuteurs peuvent accompagner les experts dans leur projet de retour ou d’installation. Le ministère recommande de faire connaître l’initiative via les ambassades du Ghana en Europe, en y joignant une plaquette de présentation, et se dit prêt à étudier son intégration dans le programme TVET, notamment pour les volets techniques. Une note officielle du programme Roots to Ghana doit leur être transmise prochainement.


La rencontre avec la Chambre nationale de commerce et d’industrie du Ghana (GNCCI) a mis en lumière l’engagement de l’institution en faveur de l’entrepreneuriat des jeunes et de l’autonomisation économique des femmes. La GNCCI, reconnue par l’État comme la voix officielle du secteur privé, a exprimé sa volonté de formaliser une collaboration avec le FORIM et ses partenaires via un protocole d’accord (MoU) et de construire un plan d’action commun. Elle souhaite également accéder aux résultats du programme, partager ses initiatives en direction des jeunes et des femmes, et valoriser les profils d’experts sur sa future chaîne YouTube. Des synergies sont envisagées, notamment avec les profils techniques et artisanaux issus de la diaspora.
Enfin, lors de la rencontre avec la Chambre de commerce et d’industrie France-Ghana (CCIFG), la forte demande des entreprises françaises implantées dans le pays pour des profils issus de la diaspora a été soulignée. La CCIFG a mis en avant le dispositif VIE (Volontariat International en Entreprise), qui pourrait constituer une piste de collaboration complémentaire avec le programme Roots to Ghana. L’idée d’une campagne de communication commune a été évoquée, ainsi que la participation à un forum économique avec Team France Export et Business France. Une proposition détaillée sera prochainement transmise pour explorer les opportunités de collaboration autour du salon Gold Coast Invest.
Cette journée témoigne d’un fort intérêt des acteurs publics et privés pour renforcer les liens entre diaspora et développement économique au Ghana.
🇬🇭 Mission Roots to Ghana – Accra, 21 juillet 2025
La délégation du FORIM a mené une journée de rencontres stratégiques à Accra. Lors de la réunion avec la GIZ Ghana, un bilan très positif du programme Roots to Ghana a été dressé, saluant l’impact du transfert de compétences réalisé par les experts issus de la diaspora. La GIZ a toutefois souligné l’importance de penser la suite sous l’angle d’un investissement économique durable au Ghana. Des projets concrets sont en cours, et un travail de capitalisation est engagé pour valoriser chaque mission à travers des fiches synthétiques. L’idée d’un salon annuel dédié à l’investissement des diasporas européennes a également été discutée, tout comme une possible collaboration renforcée avec le programme PRA/OSIM.



Au ministère du Travail, les échanges avec le Labor Office puis avec le Ministre ont confirmé l’intérêt fort des autorités ghanéennes pour l’expertise de la diaspora, notamment dans le domaine du numérique. Le ministère a exprimé son souhait de renforcer les passerelles entre institutions publiques et talents diasporiques sur le long terme, et s’est montré favorable à l’intégration du programme dans les politiques publiques nationales. Il a également proposé un appui logistique et l’implication accrue du secteur privé. Cette journée a posé les bases d’un partenariat solide et durable entre les acteurs ghanéens, le FORIM et ses partenaires, au service d’un développement partagé.
