Le bilan du programme PRA/OSIM sur l'axe genre est sans appel : depuis 2006, 100 projets portés par les diasporas ont transformé le quotidien de milliers de femmes et de filles à travers le monde. Mais derrière ces chiffres, c'est une méthode unique, basée sur la connaissance du terrain qui fait la différence.
Depuis 2006, le FORIM, à travers cet appel à projet historique, a cofinancé 100 projets avec un axe genre à hauteur de plus de 1,4 millions d'euros. C’est la preuve que les organisations de solidarité internationale issues des migrations (OSIM) sont devenues des acteurs incontournables du développement. De la République Démocratique du Congo au Sri Lanka, ces projets ne se contentent pas d'apporter une aide ponctuelle : ils créent des structures pérennes.
Pour découvrir le projet de l'Association Renaissance Sri Lanka : [OSIM DU MOIS] Au Sri Lanka, les femmes transforment le surplus agricole en levier d'émancipation - FORIM

Entre 2024 et 2025, le PRA/OSIM a cofinancé 15 projets genre à hauteur de 226 810€ pour un budget total de 436 975€. Malgré la baisse de financement, le FORIM continue de faire des questions de genre une priorité.
Les appels à projets 2024-2025 se caractérisent par une grande diversité des approches : les Activités génératrices de revenus (AGR) restent dominantes, mais les thématiques sociales et structurelles occupent une place importante notamment avec 20% de projets de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG). En 2025, le PRA/OSIM a financé un projet alliant environnement et genre, confirmant la tendance à l'intégration des enjeux écologiques.

Pour découvrir les lauréats de l'appel à projets 2025 : Appel à microprojets PRA/OSIM 2025 : Des nouveaux projets lauréats ! - FORIM
Au-delà de la stricte question financière, l’action des diasporas s’inscrit au cœur de l’Agenda 2030 des Nations Unies. Si l'ODD 5 (Égalité entre les sexes) est le fil conducteur de ces initiatives, l'approche des OSIM se distingue par sa transversalité. En investissant dans la transformation agricole au Sri Lanka ou au Togo, elles répondent à l'ODD 2 (Faim Zéro). En créant des centres de couture ou de gestion, elles soutiennent l'ODD 4 (Éducation de qualité). Cette capacité à lier l'émancipation des femmes au développement économique et à la sécurité alimentaire prouve que les diasporas ne travaillent pas en silos : elles activent simultanément plusieurs leviers pour sortir durablement les populations de la pauvreté.
Le plus impressionnant relève de la mobilisation des diasporas. Le montant des subventions alloué par le FORIM ne permet pas de mener un projet à son terme. Pour cela, les diasporas doivent redoubler d'effort et de créativité en allant chercher d'autres types de financement. En moyenne, pour les appels à projets de 2024 et 2025, 1€ de subvention génère 2,06€ de budget total.
Cette réalité vient essuyer le mythe d'une aide qui ne viendrait que des subventions publiques et vient renforcer l'image d'un acteur économique fort. Les membres de la diaspora investissent leur propre argent, leur temps et leur expertise.

Le FORIM vient accompagner ces initiatives en formant les associations de migrant.es sur la recherche de financement, la communication, la gestion de projets... Appelé le double-espace, cette « plus-value diasporique » se traduit par un ancrage local :
Pour mieux comprendre la notion de double-espace : Journée internationale des Migrant·e·s : forces du changement dans le double espace - FORIM
RDV le 5 mars 2026 pour un Webinaire Pratiques en dialogue : Agir pour les femmes des diasporas : Le FORIM organise deux événements pour la Journée Internationale des droits des femmes - FORIM
Les mobilités sont au cœur des parcours de vie des migrant·e·s et des diasporas. De nos jours, ces derniers, notamment les jeunes, se laissent de plus en plus tenter par un retour au pays. Les raisons qui les motivent sont multiples. Les opportunités, la volonté de se reconnecter à ses racines, le racisme, la volonté de participer au développement du pays d’origine… Elles ne se résument ni à un départ ni à une installation définitive, mais elles s’inscrivent dans des trajectoires multiples : études, volontariat, emploi, retraite, création d’entreprise, retour au pays, réinvestissement des compétences et des savoirs.
Les chiffres confirment cette dynamique. 71% de la diaspora africaine souhaite rentrer travailler en Afrique selon une enquête réalisée par le cabinet Innogence Consulting, 2019. En 2019-2020, 4% des immigrés âgés de 18 à 59 ans vivant en France métropolitaine ont effectué au moins un long séjour (d’un an ou plus) dans leur pays de naissance depuis leur arrivée en France. Pour les descendants d’immigrés, la tendance varie selon l’histoire migratoire et l’âge : les descendants issus de l’Afrique subsaharienne, en moyenne plus jeunes, sont deux fois plus nombreux (10%) à avoir séjourné au moins un an dans le pays de naissance de leurs parents.
Ces circulations dessinent un « double espace » où les diasporas participent activement à la transformation des sociétés, ici comme là-bas. Cette présence se manifeste aussi par des pratiques transnationales variées : 28% des immigrés envoient régulièrement une aide financière à des proches ou à une association, avec une intensité particulière en Afrique sahélienne, guinéenne ou centrale, où le migrant devient un soutien essentiel pour la famille restée au pays. A cela s’ajoute le fait que 15% sont propriétaires d’un bien à l’étranger et 19% participent aux scrutins politiques dans leur pays d’origine (source : INSEE).
Entre épanouissement personnel et volonté de contribuer au développement du pays d’origine, le chemin du retour est éminemment politique et économique. Il est par ailleurs soutenu et encouragé par de nombreux programmes institutionnels.
🔎 Pour en savoir plus sur la JIM 2025 : JIM2025 : La mobilité des diasporas : construisons des ponts entre ici et là-bas
Dans ce contexte et à l’occasion de l’occasion de la Journée Internationale des Migrant.e.s qui chaque 18 décembre vise à mettre de réaffirmer et de promouvoir les droits des migrant.e.s, de lutter contre les préjugés et de sensibiliser l’opinion à la contribution des migrations dans les domaines économiques, culturel et social. Le FORIM organise plusieurs temps permettant de :

Tout au long de leur vie, les diasporas expérimentent et vivent des temps de retours et d'engagement dans leur pays d’origine. Cette mobilité peut se concrétiser de différentes manières : mise en œuvre de projets, mise à disposition d’expertise, échange universitaire, expérience de volontariat, etc. Ce parcours et ces aller-retours réguliers permettent aux diasporas de progressivement réfléchir, tester et construire des projets de retours ou d’investissement.
La JIM s’attachera par exemple à :
L’entrepreneuriat et l’investissement des diasporas constituent des composantes majeures de la mobilité dans un sens large : mobilité des personnes, des capitaux, des idées, des savoir-faire. Pour les diasporas, entreprendre ou investir dans les pays d'origine, c’est non seulement créer des opportunités économiques, mais aussi renforcer les liens culturels, sociaux et économiques. A l’image des méthodes de de co-construction portée par les diasporas dans des contextes de solidarité internationale notamment, l’entreprenariat diasporique peut devenir un laboratoire de méthodes hybrides respectueuses des contextes locaux et équitables.
La JIM s’attachera par exemple à :
Pour circuler et inter-agir dans le double espace, les diasporas doivent pouvoir se mouvoir sur la base d’une double-citoyenneté : Droits de vote, le droit de propriété, de créer son entreprise, portabilité des droits à la retraite, au chômage, à l’assurance maladie, etc. : autant de conditions nécessaires et facilitant une mobilité et un engagement des diasporas.
La JIM s’attachera par exemple à :
🔎 Pour en savoir plus sur les JIM régionales 2025 : JIM 2025 : Les JIM en région sont de retour ! - FORIM
Tous les mois, le FORIM valorise l’engagement des associations de solidarité internationale lauréates au PRA/OSIM, qui ont suscité un réel impact positif dans l’atteinte des Objectifs de Développement Durables (ODDs).
Ce mois de juin, à l’occasion de la Journée mondiale de la sécurité alimentaire le 7 juin, le FORIM Souhaite mettre en lumière l’association Kwahu Mountains, pour leur projet intitulé Amélioration des conditions de production agricole de Maame Krobo au Ghana. Ce dernier a été lauréat au PRA/OSIM 2018.
Créée en 2014, l’association Kwahu Mountains est une organisation caritative qui contribue au développement du bénévolat et à l’autonomisation des jeunes à travers la mise en place d’activités génératrices de revenus au Ghana.
En 2017, sous le constat des difficultés liées à l’accès et la qualité des denrées agricoles, Kwahu mountain décide de s’investir par le biais d’actions de solidarité internationale, auprès de la population locale de Maame Krobo. Il mettra alors en place avec la collaboration d’autres acteurs en Franc et au Ghana, un projet de production agricole accessible.
Pas de photos sur l’association, elle n’a ni site web, ni réseau social.

Malgré la forte présence de l’activité agricole portée par la population du District de Kwahu North au Ghana, et les programmes de l’Etat mis en place au niveau national, plusieurs difficultés du secteur agricole persistent notamment :
C’est ainsi que Kwahu mountain décide d’apporter sa contribution, à travers l’implantation et l’exploitation d’une infrastructure agricole de 5 hectares. Une première production céréalière (maïs) a été expérimentée, avec un système d’arrosage et un puit à disposition. Le projet intitulé Amélioration des conditions de production agricole de Maame Krobo, vise à améliorer la sécurité alimentaire des populations de Maame Krobo, et notamment celle des populations vulnérables (enfants, personnes âgées et autres personnes qui sont dans l’incapacité de cultiver) en proposant des produits agricoles céréaliers à des prix sociaux. Il a aussi pour ambition de renforcer les conditions de vie et de travail des agriculteurs.

Ce projet a été construit avec l’appui technique du COSIM ARA, Opérateur d’Appui labellisé du FORIM en Auvergnes Rhône-Alpes. Il a été élu lauréat au PRA/OSIM, disposant ainsi de l’accompagnement technique et financier du FORIM dans sa mise œuvre.
Durant 18 mois, l’initiative s’est implantée avec la participation bénévole des populations et a eu un grand impact positif :





Les membres du réseau FORIM ainsi que l’ensemble de l’équipe technique félicitent l’engagement de Kwahu mountain et ses partenaires, et réaffirme son soutien aux initiatives de développement local durable des diasporas.
Le 6 février, met en lumière la Journée internationale de la tolérance zéro à l'égard des mutilations génitales féminines qui consiste à sensibiliser le monde à ces pratiques qui constituent une violation des droits humains fondamentaux.
A l’occasion de cette journée, le FORIM souhaite mettre en lumière l’engagement de Martha Diomandé et son association ACZA (Culturelle Zassa d’Afrique), qui « lutte contre l'excision, dans le respect des traditions ». Un parcours exceptionnel qui illustre le rôle primordial des diasporas dans le double-espace, comme médiateur et vecteur de changement.
Accueil - ACZA - lutte contre l'excision
Fille et petite-fille de matrone, Martha Diomandé s’est faite excisée à l’âge de 7 ans et était prédestinée à son tour, à devenir matrone de son village de Kabakouma, dans le nord-ouest de la Côte d’Ivoire.
Passionnée par la danse, elle devient rapidement une danseuse et une chorégraphe reconnue. Elle quitte alors son pays et pose ses bagages en bretagne, en France, tout en continuant à partager et transmettre son art.
Un jour, à la mairie de Rennes, elle assiste à une conférence sur l’excision et ne reconnaît pas son récit, au contraire. La conférence décrit l’excision comme un crime. Elle se sent « humiliée et salie » mais en même temps, c’est grâce à cette conférence qu’elle se retrouve en tant que femme.
Après cet événement, elle rentre en conflit contre elle-même. Première concernée par l’excision, deux visions s’entrechoquent : celle qui est portée par sa culture, qui ne prend pas en compte les démarches scientifiques et celle qui est portée par les scientifiques, qui ne prend pas en compte les cultures.
C’est à ce moment-là que son engagement prend tout son sens. Elle réalise que sensibiliser à l’excision en Europe ne suffit pas à faire évoluer la situation sur le terrain. Trente ans après avoir été excisée, elle constate que rien n’a changé : malgré les campagnes de sensibilisation dans le monde et les lois nationales interdisant la pratique, 100 % des filles subissent encore l’excision.
Si son objectif est bien et bel de faire éradiquer l’excision, elle vise à le faire tout en respectant les traditions.
« L’excision ne se combat pas avec des armes », rappelle souvent Martha. Il faut y parvenir sans heurter les croyances et les traditions pour ne pas créer de frustrations ou de mécompréhension.
« Elle propose une approche différente pour éliminer cette pratique, approche mise en œuvre par l'association ACZA. Cette dernière reconnait aux matrones, le droit de mener leur propre réflexion, de parcourir leur propre chemin de prise de conscience des dangers de l'excision, grâce aux actions menées par l'ACZA, et qui ouvre la voie d'un arrêt pérenne et conscient de la pratique dans l'ouest de la Côte d'Ivoire. »
En 2003, l’association ACZA est lauréate du PRA/OSIM, son premier financement. Elle a ensuite eu de co-financement en 2014 et 2017. Lors de la JIM 2024 qui avait comme thématique : « Migrant.e.s, force de changement dans le double espace », Martha Diomandé a souligné l’impact au-delà du financier qu’a eu le PRA/OSIM sur son association :
« Mon combat, qui est la lutte contre l’excision, a été crédible dans mon pays d’origine, - car ma façon de militer était incompréhensible pour les féministes - parce que je parlais de droits à accompagner, former et reconvertir les matrones. Notre premier financement a été donné par le FORIM, via le PRA/OSIM. Et aujourd’hui, nous sommes une association autonome, avec des salariés et tout ça n’aurait pas été possible sans ce premier financement. »
A partir du 06 jusqu’au 19 février 2025, une caravane de lutte contre l’excision va sillonner la Côte d’Ivoire. L’objectif de cette campagne est d’aller au contact des populations pour les sensibiliser et de créer des ambassadrices de la lutte contre l’excision au sein des communautés.

Le FORIM, réseau des diasporas, en partenariat avec le CAGEF et la GIZ Ghana, souhaite contribuer à répondre à un besoin socio-économique sur l’emploi, la migration et le développement du Ghana, à travers la mobilisation des expertises de la diaspora ghanéenne en Europe pour le développement social et économique du Ghana. Le projet est co-financé par l’Union Européenne.
Dans ce cadre, des sessions d’information et d’entretiens ont eu lieu à Lyon, Nantes, Paris et Strasbourg. Revivez ces moments en images :
Session de rencontre à Nantes :
Session de rencontre à Paris :
Session de rencontre à Lyon :
Session de rencontre à Strasbourg :
Pour plus d'information sur le projet Roots to Ghana :
Pour suivre cette mission de près, nous vous invitons à nous suivre sur nos réseaux sociaux :
L'événement "Croyez-en vous" a été organisé par l'association Nostalgia Di Cabo Verde, membre de la Fédération des Associations Capverdiennes de France - FACF et du FORIM, afin de récompenser et de valoriser les jeunes diplômé.e.s des quartiers de Saint Denis.
Après une 1ère édition à succès en 2021, cette 2ème avait comme volonté d'encourager la dynamique de la communauté capverdienne à Saint Denis, notamment via la cérémonie de remise de diplôme de différents profils (Bac à Bac+8) en gage de reconnaissance et valorisation de leur parcours souvent victime de préjugés.
Ce "Weekend de l’insertion professionnelle" des capverdien(ne)s de France, a été l'occasion d'acquérir de nouvelles compétences dans la gestion de projet, et une réelle opportunité de créer des passerelles pour la jeunesse vers des différentes aspirations socio-professionnelles et parcours métiers via différents intervenants.
Le FORIM, en tant que réseau des diasporas solidaires, a pu participer au co-financement de l'événement dans le cadre du "coup de pouce", un dispositif d'appui financier réservé à ses membres pour soutenir leurs activités de valorisation de la diaspora en France.


