
Le FORIM poursuit sa série de valorisation des actions menées par les organisations de la diaspora en France, avec un focus sur l’Organisation des Femmes Africaines de la Diaspora (OFAD), membre de son réseau. À la Cité Audacieuse, à Paris, l’association a réuni des femmes entrepreneures, des partenaires associatifs et plusieurs acteurs engagés autour de l’événement « Justice économique et inclusion : les femmes migrantes et de la diaspora au cœur de solutions », cofinancé dans le cadre du mécanisme de conventionnement annuel du FORIM.

Organisée à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, cette rencontre a mis en lumière des parcours de femmes qui entreprennent, créent, investissent et s’engagent malgré de nombreux obstacles. À travers des témoignages et des échanges directs, elles ont partagé leurs réalités, leurs difficultés (accès aux informations, barrières administratives, contraintes familiales) mais aussi leurs stratégies d’adaptation et d’innovation. La journée a également permis la restitution de deux années de travail menées auprès des femmes africaines de la diaspora, offrant un panorama concret des freins et des leviers d’action identifiés.
Des enquêtes conduites par l’OFAD entre 2022 et 2024 soulignent des besoins clairs : information ciblée, accès facilité au financement, et accompagnement adapté aux parcours migratoires et aux contraintes de conciliation. À partir de ces constats, l’OFAD prévoit la rédaction d’un Livre blanc sur l’entrepreneuriat des femmes africaines de la diaspora, la structuration de groupes de travail thématiques et la mise en place de dispositifs d’accompagnement (formations modulaires, mentoring, facilitation de l’accès au microcrédit et aux circuits d’investissement). Ces actions seront co-construites avec les femmes concernées afin d’en garantir la pertinence opérationnelle et la durabilité, et de renforcer le plaidoyer pour des politiques publiques plus inclusives.
En donnant la parole aux premières concernées, l’OFAD rappelle que les femmes de la diaspora sont à la fois actrices et conceptrices de solutions, porteuses d’innovation et d’avenir. Le FORIM, en valorisant cette initiative, réaffirme son engagement à soutenir les acteur·trice·s de la diaspora pour traduire ces propositions en dispositifs concrets et adaptés.

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Face à l'urgence alimentaire en Haïti, la terre de Fort-Liberté redevient nourricière : deux fermes pilotes ouvrent la voie à une souveraineté retrouvée pour des milliers de familles du Nord-Est.
La section communale de Dumas, dans le département du Nord-Est d'Haïti, subit de plein fouet les crises successives qui frappent le pays. L'insécurité galopante, couplée à un manque d'infrastructures agricoles et de formation technique, a fragilisé la production de céréales (riz, maïs, sorgho). Cette situation a plongé les communautés locales dans une précarité nutritionnelle et économique, limitant les opportunités d'emploi pour les jeunes et l'autonomie des agriculteurs.
Le projet est porté par l'association Paroles et Actions pour le Développement (PAD), une Organisation de Solidarité Internationale issue des Migrations (OSIM) basée à Villiers-le-Bel. Acteur engagé de la diaspora haïtienne, PAD intervient à Dumas (Fort-Liberté) en partenariat avec des organisations locales telles que l'Association des Femmes Conséquentes de Derac et le Club d'Écoute de Dumas, garantissant une ancrage territorial fort.
Malgré un environnement opérationnel extrêmement contraint par l'insécurité nationale, le projet a déployé un dispositif complet de relance agricole :
L'association PAD a démontré une capacité d'adaptation exceptionnelle. Sa connaissance intime des réseaux locaux et sa légitimité auprès des communautés de Dumas ont permis de poursuivre les travaux là où d'autres acteurs auraient pu se retirer. La gestion financière rigoureuse, marquée par des réallocations budgétaires stratégiques pour prioriser les activités essentielles face à l'inflation et à l'insécurité, illustre la résilience propre aux structures de la diaspora.
Cette initiative répond directement aux défis mondiaux :
Début juin, le projet Connect’Diasporas a poursuivi son chemin en Espagne, entre Madrid et Barcelone, dans la continuité des dynamiques engagées ces derniers mois avec les autorités sénégalaises et les acteurs de la diaspora.
Les 4, 5 et 6 juin, cette nouvelle mission a permis de franchir une étape importante : revenir sur le travail déjà accompli, partager les premiers résultats de l’étude sur la diaspora sénégalaise en Espagne, et ouvrir de nouvelles perspectives de coopération.
À Madrid, l’échange avec S.E. M. Ibrahim Al Khalil SECK, Ambassadeur du Sénégal en Espagne, a été particulièrement constructif. Il a permis de revenir sur les avancées du projet, sur la qualité du travail engagé jusqu’à présent, mais aussi sur les perspectives à construire pour renforcer durablement le dialogue entre les autorités sénégalaises, les représentations diplomatiques et consulaires, et les acteurs de la diaspora.

Les retours exprimés sur la Journée Pays Sénégal, organisée début avril à Barcelone, ont également été très positifs. Cette rencontre avait marqué un temps fort du projet, en donnant à voir ce que peut produire un dialogue direct, structuré et exigeant entre institutions, partenaires et organisations diasporiques.
À Barcelone, la rencontre avec le Consulat général du Sénégal a confirmé cette même dynamique de confiance. Les échanges ont souligné la satisfaction partagée autour de la consolidation des relations avec la Coordination des Associations Sénégalaises de Catalogne - CASC, ainsi qu’avec les acteurs associatifs sénégalais présents sur le territoire catalan.

Un autre moment fort de la mission a été l’atelier d’échange autour des premiers résultats de l’étude sur la diaspora sénégalaise en Espagne, avec un focus particulier sur la Catalogne. Au-delà des données et des constats, ce temps a surtout été un moment d’écoute : écoute des parcours, des mémoires associatives, des formes d’organisation collective, des engagements parfois anciens et souvent discrets, qui structurent la présence sénégalaise en Espagne.

Ces témoignages rappellent une chose essentielle : produire de la connaissance sur les diasporas, ce n’est pas seulement collecter des informations. C’est aussi reconnaître des trajectoires, des expériences, des engagements, et leur donner une place dans la construction des politiques publiques et des coopérations à venir.
C’est l’une des hypothèses fortes de Connect’Diasporas : le renforcement du lien entre autorités et diasporas passe nécessairement par un triptyque vivant et complémentaire — autorités centrales, représentations diplomatiques et consulaires, acteurs organisés de la diaspora.
Merci aux autorités diplomatiques et consulaires sénégalaises en Espagne pour leur confiance dans le FORIM et dans la démarche portée par ce projet.
Merci également à la CASC pour son engagement constant, ainsi qu’à l’équipe de consultants qui nous accompagne dans ce travail de production de connaissances sur la diaspora sénégalaise : Vladimir Urgert et l’équipe de La Cause.
Cette action est réalisée avec le soutien financier de l’Union européenne, dans le cadre du MMD Grant Facility, mis en œuvre par l’ICMPD.
La mobilisation des diasporas est souvent associée aux actions menées vers leurs pays d’origine. Cette vision de leur engagement est pourtant incomplète. En effet, les diasporas sont pleinement actrices en France, où elles contribuent au lien social, à l’insertion professionnelle et à la mobilisation citoyenne.
C’est précisément ce que la rubrique « Diasporas ici », conçue par le FORIM, met en lumière : l’engagement du réseau sur le territoire français, sa capacité de mobilisation et son impact concret. Le Forum de l’Emploi et de l’Entrepreneuriat de la Diaspora Burkinabè (FEED) en constitue une illustration particulièrement significative.

Organisé par l’Union des associations burkinabè de France (UABF), membre du FORIM, et soutenu lors de sa première édition en 2024 dans le cadre du dispositif Coup de Pouce, cet événement a réuni plus de 320 participant·e·s. Pendant deux jours, conférences, ateliers, tables rondes, expositions et temps de réseautage se sont enchaînés avec une ambition claire : transformer les parcours et les expériences de la diaspora en opportunités concrètes.
La diaspora comme levier d’insertion et d’entrepreneuriat
Au cœur du FEED, les enjeux d’insertion professionnelle et de développement économique ont occupé une place centrale. Les échanges ont porté sur des thématiques concrètes telles que la création d’entreprise, l’accès au financement, les dispositifs d’accompagnement, la préparation de carrière, l’immobilier, ainsi que le numérique et l’intelligence artificielle.
Parmi les temps forts, l’atelier dédié à l’insertion professionnelle et à la préparation de carrière, ainsi que les discussions sur la recherche d’emploi et les opportunités de financement, ont particulièrement marqué les participant·e·s. Ces espaces ont permis de partager des expériences, de mieux comprendre les parcours possibles et de rendre plus accessibles des ressources souvent méconnues.
Plus qu’un rendez-vous institutionnel, le FEED s’est affirmé comme un espace stratégique d’accompagnement. La diversité des profils présents, étudiant·e·s, cadres, entrepreneur·e·s, porteur·e·s de projets, institutions et partenaires, a favorisé la création de passerelles entre compétences, trajectoires et opportunités.
Cet intérêt a été renouvelé dans une seconde édition en 2025.
Une citoyenneté active en action
Au-delà des enjeux économiques, cette initiative illustre une dynamique de citoyenneté active. En créant des espaces de rencontre, d’échange et de coopération, les associations diasporiques renforcent la participation de leurs membres à la vie sociale et économique en France.
L’impact des associations diasporiques dépasse l’organisation d’événements et réside dans leur capacité à créer des connexions utiles et à ouvrir de nouvelles perspectives de co-développement.
À travers des initiatives comme le FEED, les diasporas confirment leur rôle d’actrices clés du développement social et économique en France, au plus près des territoires et des réalités locales.



En savoir plus et candidater : Appel à projets 2026 - Medici for Equality
En savoir plus : Fondation Bel - Actions à l’international
A Tambacounda, l’association Audition Solidaire France Sénégal (ASFS) vise à offrir aux élèves sourds les clés d'un avenir connecté et inclusif.
Au Sénégal, et plus particulièrement dans la région de Tambacounda, l'accès à une éducation de qualité pour les enfants en situation de handicap reste un défi majeur. Les élèves sourds souffrent d'une double fracture : l'isolement lié à leur handicap et l'exclusion numérique. Sans outils adaptés ni supports pédagogiques modernes, leurs chances d'insertion professionnelle et sociale demeurent limitées dans un monde de plus en plus digitalisé.

Le projet est porté par l'association Audition Solidaire France Sénégal (ASFS), une Organisation de Solidarité Internationale issue des Migrations (OSIM), et est suivi par le COSIM Nouvelle-Aquitaine. L'action se déploie à Tambacounda, un carrefour régional stratégique mais confronté à d'importants besoins en infrastructures éducatives spécialisées.
Pour répondre à ces enjeux, une stratégie axée sur l'accès et la formation a été déployée :
Résultats concrets
L'intervention de l'ASFS illustre la capacité de la diaspora à mobiliser une expertise technique pointue au profit de son territoire d'origine. Par ailleurs, elle a été lauréates à 4 reprises entre 2016 et 2024. Face aux défis financiers et techniques liés à l'usage des nouveaux outils, l'OSIM a fait preuve d'une grande réactivité stratégique. Sa connaissance du contexte local a permis de réallouer les fonds de manière efficace et de solliciter une assistance externe pour résoudre les lacunes techniques, garantissant ainsi la continuité et la qualité du projet.
Ce projet s'inscrit dans une dynamique de développement durable et inclusif :
En bref (chiffres clés)
