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PRA/OSIM 2020 : l'accompagnement des OPAP en période de confinement

Alors que le monde semble en suspens depuis l’annonce du confinement, le tragique impact laissé par le Covid-19 a de forts impacts sur la solidarité internationale et ses activités. En effet, À cause de la pandémie de coronavirus, les travailleurs migrants pourraient envoyer moins d'argent dans leur pays d'origine, soit 20% de moins selon la Banque Mondiale. Frontières fermées et mobilité limitée, les Organisations de Solidarité Internationale issues de l’Immigration (OSIM) sont partagées entre le respect du confinement pour préserver la santé de tous et développer des actions et mobiliser leurs réseaux au service de leur pays d’origine.


L’appel à projets PRA/OSIM 2020 ayant été lancé le 16 mars 2020, plusieurs questionnements en sont ressortis sur comment bien assurer son déroulement. Le FORIM a donc constitué un groupe de travail spécial covid-19 afin d’apporter différents appuis aux initiatives de solidarité faites par ses membres, dont l’organisation des Opérateurs d’Appui Labellisés (OPAP), acteurs cruciaux du dispositif du PRA/OSIM via l’accompagnement appuyé offert aux OSIM pour répondre à l’appel à projets. Ibrahima Diabakate et Moussa Drame, chargés d'appui du RAME (Réseau des Associations Mauritanienne d’Europe), Opérateur d'Appui Labellisé PRA/OSIM cette année, ont voulu faire part de leur retour d’expérience sur leur méthode d’organisation en période de confinement.

1. Quelle a été la réaction du RAME quand l'appel à projets a été lancé ?

Nous avons totalement compris que l’appel à projets PRA/OSIM devait se poursuivre et nous avons vite essayé de trouver des solutions. Nous avons rapidement contacté notre trésorier afin d’acheter une licence ZOOM, suite à son utilisation fréquente au FORIM, et pouvoir organiser nos réunions grâce à cet outil.

2.Est-ce qu’il a été simple de mobiliser votre réseau d'OSIM et les réunir sur ZOOM ?

Oui et je tiens à remercier l’équipe technique du FORIM grâce à son partage d’expérience qui nous a conforté dans notre choix, notamment grâce à la mise à disposition d’une formation à l’outil version organisateur et utilisateur. Pour nous, ça représente une opportunité de sensibiliser les OSIM à utiliser des outils en ligne qui devait arriver tôt ou tard et nous pensons qu’elles aussi sont motivées à s’adapter pour leur permettre d’être accompagnées dans les meilleures conditions possibles.

La mobilisation des OSIM s’est faite de manière assez simple, plusieurs OSIM nous contactent pendant l’année et nous faisons en sorte de garder contact et de les notifier dès que l’appel à projets est lancé. On les encourage d’ailleurs à commencer à se familiariser avec le dossier de candidature de l’année précédente et le remplir progressivement. Il y aussi ceux qui ont été accompagné l’année dernière mais dont le dossier n’a pas été déposé soit par manque de temps ou manque de réflexion sur leur dossier.

Nous nous sommes assurés de bien expliquer aux OSIM qu’au vu des circonstances actuelles, nous devions nous adapter pour faire en sorte de leur fournir un accompagnement de qualité, nous avons essayé de simplifier au maximum le processus d’accompagnement en ligne pour ne décourager aucun porteur de projet peu importe son expérience.

3. Quelles sont les principales difficultés en tant qu'OPAP en période de confinement ?

Nous avons identifié 3 types de difficultés pour l’instant. La première est liée au matériel, il y a des OSIM qui n’ont pas forcément d’ordinateur pour se connecter et le font via leur téléphone, ce qui peut faire l’affaire pendant les réunions d’information. Mais quand il s’agit d’ateliers d’écriture cela est plus compliqué car nous projetons essentiellement et avons recours au partage d’écran.

La deuxième est liée à l’environnement au sein des foyers de chacun. Beaucoup sont des parents avec des enfants, ou n’ont simplement pas l’espace adéquat pour pouvoir se concentrer dans les bonnes conditions. Et la troisième, et celle qui nous inquiète le plus, est liée aux compétences techniques des porteurs de projet qui ne sont malheureusement pas encore autonome quant au montage de leur dossier. Ce public représente au moins 60% des OSIM qui font appel à nous et sont généralement des associations villageoises. Et quand on n’a pas d’expérience en montage de projet c’est souvent compliqué la première fois. Jusqu’à maintenant, nous arrivons à nous organiser mais à voir sur le long terme. Nous pensons nous orienter vers un accompagnement personnalisé.

4. Combien d'ateliers d'écriture/réunions d'information ont été organisé jusqu'à maintenant ? Est-ce que ça s'est bien passé ?

Pour l’instant nous avons organisé deux réunions : une réunion d’information pour expliquer l’appel à projets PRA/OSIM, nous avions réussi à réunir 40 personnes sur ZOOM pendant la 1ère réunion d’information, avec en plus une partie de l’équipe technique du FORIM que nous remercions pour leur présence.

Nous avons mis en place un drive et avons invité toutes les OSIM à créer un espace afin d’y transférer leurs dossiers, ça permet déjà d’avoir un espace collaboratif et faire le point sur combien de projets sont éligibles, combien ont besoin d’accompagnements et leur état d’avancement. Nous avons ensuite organisé une deuxième réunion pour faire un état des lieux approfondi car beaucoup assistent au début en ayant simplement une idée mais ne vont pas jusqu’au bout. Nous en sommes à 12 projets qui nous ont été envoyé jusqu’à maintenant.

Nous avons aussi fait une réunion d’équipe au sein du RAME pour se répartir les OSIM en groupe sur 4 chargés d’appui afin de pouvoir fournir un accompagnement personnalisé.

5. Est ce que vous pensez que ce confinement aura un impact sur la qualité et l'éligibilité des projets déposés ?

Nous pensons qu’effectivement il y aura des impacts, notamment sur le nombre de projets éligibles déposés. Avec le confinement, peut-être que notre capacité d’accompagnement va être limitée.

Autre impact aussi sur les porteurs de projet qui n’ont pas l’expérience et les compétences techniques qui sont souvent des associations peu structurées et ça nous tient vraiment à cœur de les accompagner et d’avoir au moins une association de ce type qui dépose son projet mais malheureusement cela risque d’être très compliqué avec le confinement.

Nous pensons même qu’elles ne prendront même pas la peine de solliciter un accompagnement car le numérique représente un grand frein. Les associations éloignées ou qui n’ont pas forcément des personnes de leur entourage pour les aider seront surement malgré elles mises de côté.

Toutefois pour rester positif, cette situation peut très bien présenter une bonne opportunité pour faire accepter le changement numérique qui est en cours au PRA/OSIM via son chantier de dématérialisation. Tous les changements sont difficiles à accepter mais le numérique représente l’avenir et reste un excellent moyen de réunir toute OSIM venant du nord ou du sud – à noter même qu’on a déjà eu des associations locales du sud et partenaires de nos OSIM qui ont pu participer à nos réunions grâce à cela et bénéficier aussi de notre accompagnement.

Vous pouvez visionner différents ateliers d'écriture et réunions d'information donnés par le RAME (Réseau d'Associations Mauritaniennes d'Europe) avec différents témoignages sur leur méthodologie d'accompagnement des OSIM en tant qu'Opérateur d'Appui



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