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La place de la jeunesse dans les enjeux de développement des pays d'origine

Des chiffres prometteurs mais alarmants : 

« Le monde connaît la plus importante génération de jeunes de son histoire : un quart de la population mondiale est âgée de moins de 24 ans. Plus de 90 % des 1,8 milliard d’adolescent·e·s et de jeunes (10 à 24 ans) vivent dans les pays en développement. L’Asie accueille la plus importante population de jeunes du monde entier, et l’Afrique la plus grande part de jeunes au sein de sa population avec 40 % de citoyen.ne.s de moins de 15 ans. » Tels sont les chiffres partagés par l’ONU depuis 2018 avec la volonté de sensibiliser les politiques publiques et les populations à la force que représente la jeunesse.

La hausse du chômage des jeunes est l’un des plus grands problèmes auxquels les économies et les sociétés sont confrontées dans le monde actuel, aussi bien dans les pays développés que dans les pays en développement et qui se sont aggravés à cause de la crise sanitaire depuis déjà plus d’un an.

Selon le dernier rapport Tendances mondiales de l’emploi des jeunes 2020 », publié par l’Organisation internationale du Travail (OIT) : « Au niveau mondial, un cinquième des jeunes sont actuellement non scolarisés et sans emploi ni formation ; autrement dit, ils n’acquièrent pas d’expérience professionnelle, ne tirent pas de revenu de leur travail et n’améliorent pas leur niveau d’instruction ou de compétences. »

Les compétences et l’emploi des jeunes sont des éléments fondamentaux du Programme de développement durable pour l’après 2030 et des 17 objectifs de développement durable. L’une des cibles de l’objectif 4 vise à augmenter considérablement, d’ici à 2030, le nombre de jeunes et d’adultes disposant des compétences, notamment techniques et professionnelles, nécessaires à l’emploi, à l’obtention d’un travail décent et à l’entrepreneuriat.

La diaspora côte à côte avec la jeunesse des pays d’origine : 

La diaspora en France comprend différents profils hautement qualifiés grâce à la poursuite d’études supérieures ou encore grâce à leurs expériences professionnelles qui peuvent faire bénéficier les jeunes des pays d’origine de leur savoir-faire. Un tiers des immigrés récents dans les pays de l’OCDE (c.-à-d. arrivés depuis moins de 5 ans) sont diplômés du supérieur, soit 5,2 millions de personnes. Les travaux de l’OCDE montrent qu’il a non seulement une sous-utilisation du capital humain des personnes issues des migrations mais aussi une reconnaissance insuffisante de leurs qualifications.

Ces pays en voie de développement ont besoin de leur compétence pour leur développement économique, social et culturel. Leur maitrise des besoins et problématiques sur le terrain permettent le développement d’activités adaptées dans les zones d’intervention et de manière pérennes pour leurs bénéficiaires. Plusieurs personnes issues des migrations ont pu intégrer des entreprises ou en développer elles-mêmes en arrivant en France, leur donnant des compétences importantes peu accessibles dans les pays d’origine faute de moyens, d’opportunités, de personnels qualifiés etc… et la jeunesse en est la 1ère victime, en particulier les jeunes filles.


Leur engagement dans l’éducation formelle (en partenariat avec un établissement scolaire ou de formation) ou informelle (activités d’apprentissage hors système scolaire) de la jeunesse engendre de réelles opportunités d’échange transnational d’idées, d’ambition et visions liées au développement socio-économique des pays d’origine. A travers le co-financement du PRA/OSIM, programme d’appui aux organisations de solidarité internationale issues de l’Immigration, les OSIM ont pu réaliser en plus de projets de construction d’infrastructure, route, cantine pour améliorer l’accès à l’éducation, des projets centrés sur le renforcement des capacités des jeunes afin de leur offrir de réelles opportunités d’emploi.

Pour ces associations, les objectifs de leurs projets se concentrent essentiellement sur

  • Renforcer l’offre de formation professionnelle locale souvent peu diversifiée
  • Limiter l'exode des jeunes vers les grandes villes suite au manque d’opportunités dans les zones rurales
  • Accompagner/Orienter/Conseiller les jeunes après l’obtention de leurs diplômes
  • Recruter et renforcer les capacités des formateurs.trices donnant lieu à la création d’emploi
  • L’amélioration de l’insertion des jeunes dans l’emploi et l’auto-emploi, en partenariat avec les acteurs locaux (communes, organisations professionnelles…)

Focus sur la diaspora Béninoise et leurs projets envers la formation de la jeunesse : 

Au Bénin, le marché de l’emploi est très largement dominé par le secteur informel (plus de 95 % des emplois). Le gouvernement a lancé un nouveau Plan Sectoriel de l’Education post 2015 (2018-2030) dans un contexte marqué par l’évaluation des OMD (objectifs millénaires de développement) et l’engagement du Bénin à réaliser les ODD à l’horizon 2030.

Pour aider l’insertion des jeunes, les autorités ont entrepris de rénover et d’adapter le dispositif de formation professionnelle en créant notamment des certificats de qualification professionnelle (CQP), des diplômes reconnus par l’Etat via l’acquisition des compétences professionnelles et techniques par l’apprentissage ou par l’exercice d’une activité qualifiante. D’autre part, de plus en plus de projets d’apprentissage proposés en faveur de la jeunesse comporte le système DUAL, une méthode de formation basée sur un apprentissage en centre de formation en parallèle à l’acquisition de compétences techniques dans le milieu professionnel en entreprise. Cette approche d’apprentissage permettrait un taux de placement dans des emplois à plein temps plus élevé et un faible taux de chômage auprès des jeunes diplômés.

Néanmoins, les capacités d’accueil des centres sont limitées et l’offre de formation ne répond que très partiellement aux besoins en compétences. En cause d’après l’Agence Française de Développement : l’obsolescence des référentiels de formation, une quasi-absence de modules pratiques, le manque de matériel ou encore le faible taux de recyclage des formateurs.

L’association Humanis Afrique, lauréate PRA/OSIM 2016, a pu entreprendre un projet de renforcement des capacités des jeunes en informatique dans un centre professionnel de Djeffa pour renforcer l’offre de formation professionnelle locale, notamment grâce à la méthode DUAL, une méthode basée sur l’apprentissage en formation et la pratique des acquis en entreprise. L’association espère ainsi pouvoir freiner l’une des plus grandes contraintes des villages en zone rural : l'exode des jeunes vers les grandes villes (Cotonou, Porto Novo). Avec un co-financement de 12 000 € pour un budget total de 32 377 €, 23 jeunes ont pu bénéficier d’une formation complète pour effectuer les tâches administratives et bureaucratiques (saisie de texte informatique) avec la maitrise des équipements dédiés à ces activités (ordinateurs, imprimantes, photocopieuses).

L’Association Enfance, Jouets & Education se mobilise depuis 2013 pour favoriser le développement et l’épanouissement des enfants mais aussi l’autonomisation des femmes et jeunes mamans en Ile de France et au Bénin.

Lauréate PRA/OSIM 2018, son projet de « développement des compétences et qualification professionnelle pour l’autonomisation économique des filles et des filles-mères » au budget total de 26 315 € et un co-financement PRA/OSIM de 14 722 € a permis à 12 jeunes mamans entre 18 ans et 32 ans d’obtenir un CQM – Certificat de Qualification pour Métier – dans le domaine de la coiffure. Différentes formations ont été données pour non seulement apprendre les techniques de coiffure avec un stage d’immersion de 2 mois mais aussi pour développer sa propre entreprise pour les encourager à se lancer dans l’entrepreneuriat.


L’Association Un Regard, Une Main Tendue, Un Sourire a pu réaliser son projet de renforcement des capacités des jeunes en coupe-couture par la mise en place d’un centre de formation à Ouesse au Bénin avec un co-financement PRA/OSIM de 14 075 € pour un budget total de 31 476 €. Voulant contribuer à la création d’opportunités d’emploi, l’insertion professionnelle des jeunes de Ouesse et redynamiser l'économie locale de la commune, l’association a pu accueillir et former 20 jeunes de 15 à 24 ans en mettant à disposition des nouveaux équipements et nouvelles techniques d’apprentissage. Sur 20 apprentis dont 14 jeunes filles, 18 ont réussi les examens leur permettant d’obtenir leurs diplômes, encourageant ainsi d’autres jeunes à s’inscrire pour les années à venir.

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